henri
d'artois /musique
Libre de tout académisme, Henri d'Artois
compose depuis plus de vingt ans, particulièrement
attentif aux conditions acoustiques dans lesquelles
ses pièces sont diffusées. Ses uvres
- certaines très écrites, d'autres totalement
improvisées, parfois purement instrumentales,
ou
encore, strictement électroacoustiques - se situent
du côté des musiques dites « nouvelles »
par la liberté qu'il s'octroie de ne pas épouser
un genre donné ou bien d'en mélanger plusieurs.
Il utilise l'informatique associée à des
synthétiseurs comme outil d'aide à la
création, toutefois son intérêt
pour la musique instrumentale et vocale demeure très
vif.
Né en 1946, Henri d'Artois pratique la musique
et manipule le son enregistré depuis son tout
jeune âge, mais c'est à trente ans qu'il
se concentre sur ces activités après avoir
exercé dans le domaine de l'informatique puis
de l'image (photo, cinéma).
En 1981, il rencontre le chorégraphe Dominique
Bagouet pour qui il écrit ses premières
pièces importantes :
toboggan
(1981) et
insaisies
(1982).
Nommé en 1984 Directeur Technique du Centre National
de Danse Contemporaine d'Angers, il fréquente
d'autres chorégraphes parmi lesquels : Merce
Cunningham, Odile Duboc, Régine Chopinot, Daniel
Larrieu, Joëlle Bouvier, Régis Obadia etc.
Ces rencontres l'incitent à développer
ses recherches dans la relation musique / espace, ainsi
que sa réflexion sur les rapports de l'auditeur
à la musique et au son en général.
En 1987, il enregistre le CD
Algorythmes et aléas.
En 1991, il donne une série de concerts en compagnie
de Pascale Labbé (voix), Thierry Maucci (saxophone)
et Dominique Regef (vielle à roue), concerts
dont la sonorisation était confiée à
un ensemble de 16 enceintes indépendantes contrôlées
directement par le compositeur depuis la scène.
Toujours en 1991, le metteur en scène Yves Gourmelon
lui demande d'intervenir sur
La Musica de Marguerite
Duras. Cette expérience qui depuis s'est renouvelée
de nombreuses fois avec d'autres textes et d'autres
metteurs en scène, a permis à Henri d'Artois
d'enrichir sa réflexion théorique en y
ajoutant les dimensions du texte - pour le sens, la
musicalité, mais aussi pour la chair des comédiens.
En 1995, l'adhésion au Forum IRCAM lui ouvre
l'accès aux puissants outils informatiques développés
à l'institut avec lesquels il va élaborer
ses propres applications de Composition Assistée
par Ordinateur(CAO). Parmi celles-ci,
Cap O'Pitch
(en hommage à Samuel Beckett auteur de
au
pire, un programme qui propose une équivalence
musicale « pure » à la
musicalité d'un texte donné grâce
à l'analyse typographique de celui-ci. Chaque
signe engendre une série d'événements
qui sont acheminés vers des générateurs
de sons ou des effets, eux-mêmes reliés
à plusieurs systèmes de diffusion, tous
commandés par l'ordinateur en temps réel.
Ces dernières années, l'intérêt
d'Henri d'Artois s'est élargi au traitement numérique
du son, au Théâtre Musical et à
l'écriture pour la voix.
Par ailleurs, les rencontres de Mercedes Pujol
(Petit
Vert Demande De Rester), puis de Florence Thiebault
(
Médée)lui ont ouvert le monde
de la marionnette et lui ont donné l'occasion
de participer à des créations dans lesquelles
il a pu expérimenter d'autres versants de ses
recherches.